Les Vacances

Julie Wolkenstein

P.O.L.

  • 2 décembre 2017

    Coup de coeur

    J'ai découvert Julie Wolkenstein lorsque j'étais membre du jury du prix Elle pour la deuxième fois et ce fut un coup de foudre. Seulement, Adèle et moi n'a pas passé les pré-sélections cette année-là, c'est dire si je suis représentative du prix. Et comme Les vacances est dans la pré-sélection de février cette fois, je croise les doigts pour que mon coup de cœur ne signifie pas qu'il sera recalé . Depuis, j'avais relu des romans écrits avant Adèle mais je n'y retrouvais pas ce que j'avais tant aimé, l'ambiance de bord de mer normand, l'écriture, l'humour aussi. Les vacances faisait bien sûr partie de mes toutes premières envies de rentrée et je n'ai pas été déçue. J'aime tout dans ce roman, le lien entre cette femme au bord de la retraite et ce jeune homme, tous deux un peu perdus dans leurs amours, l'humour de l'auteure qui joue sur les décalages entre notre quotidien et comment cela peut être perçu par un novice (la scène du Starbucks est représentative), les références aux romans de la Comtesse de Ségur qui font partie de mes premiers souvenirs de lecture (je ne faisais pas dans la modernité). Je me suis rendue compte que mon goût pour ces romans va pourtant à l'encontre de mon aversion pour la lecture de pièces de théâtre ( ô toi qui viens de m'offrir une pièce de théâtre en livre, retiens ton soupir, tu vois qu'il y a peut-être un espoir que je finisse par aimer le genre), puisqu'en effet, comme le fait remarquer Sophie, le choix narratif de la Comtesse s'approche du théâtre. Il faut aussi avouer que ce roman a sans doute été écrit pour moi parce qu'en plus de la Comtesse de Ségur, j'y ai reconnu des lieux que je connais très bien, la gare Saint Lazare et son piano (même si moi, je serais bien incapable de reconnaître le générique de Games of Throne) et quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver au Neubourg, petite bourgade qui se trouve à dix kilomètres de chez moi et que je connais par cœur. Si moi j'ai adoré ce roman, j'en connais un autre qui doit être ravi d'être à l'honneur, le chanteur Alex Beaupain. Un roman rythmé par les chansons de Nostalgie, il y avait plus de quoi séduire la fille que moi à la base (oui, je sais, ma fille est un OVNI à sa manière) mais séduite, je fus.


  • 3 novembre 2017

    Conseillé par Lyonel

    Il y a près de trois ans sortait l’excellente biographie du cinéaste Éric Rohmer, signée par Noël Herpe et Antoine de Baecque. C’est par ce travail que Julie Wolkenstein a eu l’idée de son roman "Les vacances". Une idée qui, de l’aveu de la romancière, lui a sauté aux yeux. Dans cette biographie, on y apprend que Rohmer était un athlète endurant et maladroit, passionné par la littérature du XIXe siècle, spécialement Balzac et la Comtesse de Ségur. Il décide, pour son premier film d’adapter un roman de la Comtesse - "Les Petites Filles Modèles". Le tournage vaguement financé par un étudiant béninois, Joseph Kéké, est tout simplement un sabordage rocambolesque. Cette œuvre jamais totalement achevée, disparaît et devient ainsi un film fantôme. Avec ce fragment de réalité fantaisiste, Julie Wolkenstein élabore une cavalcade drolatique autour d’un duo composé par une retraitée de la faculté de Caen, Sophie Bogoroditsk, et d’un jeune étudiant en cinéma, Paul de Freneuse. Malgré leur différence d’âge, les deux personnages vont poursuivre avec malice et légèreté, une enquête mêlant les volutes de cigarettes aux lectures mélancoliques, Moscou et l’arrière pays normand où dans les ruines d’un château, un apprenti cinéaste, fantasme ses futurs chefs-d’œuvre.