Conseils de lecture

Malamorte / roman
7,70
par (Libraire)
9 juin 2020

Il y a le ciel, le soleil et la mer.
Bienvenue en Corse !
La ritournelle et la carte postale s'arrêtent là. Avec « Malamorte », premier roman d'Antoine Albertini, journaliste, déjà auteur de deux récits, votre séjour sur l'île de beauté ne sera pas placé sous le signe du farniente. Votre lieu de villégiature : un bureau pourri, presque aveugle, celui des homicides simples de Bastia, celui d'un flic désabusé, placardisé, à qui échoue la résolution d'affaires criminelles qui ne mouilleront personne à part leurs auteurs majoritairement suicidaires.
Cette fois-ci, l'enquête sur cet homme qui a tué sa femme et sa petite de cinq ans et conjointement celle sur cette randonneuse assassinée, retrouvée près d'un sentier dans les crêtes de la ville vont nous donner à voir d'autres facettes de l'île enchanteresse.
Suivant les pas, les errements de ce capitaine de police anonyme qui tente d'oublier la femme de sa vie tard le soir dans des bars pourris, on croisera des légionnaires qui pètent les plombs, des promoteurs véreux, des cadres administratifs pas en reste côté louche.
Il pleut, le vent souffle, ça sent le souffre, les magouilles, le sang.
C'est brillant, bien écrit et on dit "encore" en le refermant.

Aude S.


Love in vain, Robert Johnson, 1911-1938

Robert Johnson, 1911-1938

Glénat BD

19,50
par (Libraire)
9 juin 2020

Aujourd’hui j’aimerais vous faire entrer dans la vie fascinante de Robert Johnson avec « Love in Vain ».
Bande dessinée en noir et blanc, avec des traits qui envoûtent, style un peu vaudou et narration piquante, on se laisse rapidement entraîner dans le Mississipi des années 20/30, pour connaître la vie, un peu mystique et pleine de vice, de Robert Johnson.
Né dans le Mississipi en 1911, il est abandonné par son père, puis, sa mère. Il arrête l’école, tombe amoureux de la guitare, inspiré par ses idoles. Il se marie à Virginia, son seul amour, qui meurt en donnant naissance à leur enfant, qui ne survit pas non plus.
A la recherche constante d’une figure paternelle, il sait s’entourer, d’anges gardiens, de mentors, pour le ramener à la réalité, hors de sa vie de débauche.
Il est mauvais guitariste et, un de ses mentor lui dira d’ailleurs d’arrêter la guitare.
Pourtant, quand il reviendra d’un séjour de quelques mois dans sa ville natale, il maîtrisera la guitare, comme un dieu, dira t’on, ou comme s’il avait le démon.
La légende raconte qu’il aurait vendu son âme au diable contre le talent.
Amateurs de Blues, je vous le conseille les yeux fermés.
« Love in Vain » dessiné par Mezzo et écrit par Jean Michel Dupont, avec en prime à la fin les chansons phares de Robert Johnson, illustrées brillamment.

Aurélie F.


Le bûcher de Moorea

Patrice Guirao

Pocket

7,60
par (Libraire)
9 juin 2020

Qui dit soleil, dit chaleur, voyages, sable et cocotiers ! Souvenez-vous, la dernière fois je vous avais emmené en Inde. Cette fois-ci, nous partons en Polynésie française, mon autre pays de coeur.
Avec un roman policier, "Le bûcher de Moorea" de Patrice Guirao qui a pour toile de fond les paysages paradisiaques de Moorea, une petite île située en face de Tahiti.
Après quelques pages, je vous avouerai que j'étais un peu déroutée: deux histoires qui se croisent et s'entremêlent, beaucoup de métaphores poétiques qui cassent un peu le rythme. Mais peu à peu, la lecture est devenue plus facile et agréable et je me suis laissée embarquer dans ce polar un peu surréaliste grâce à notre duo d'enquêtrices sympathiques et attachantes, Lilith et Maema, deux jeunes "vahine" (femmes) qui font face à des crimes sordides et affrontent Nael, un personnage cynique et cruel.
Et puis surtout, cela m'a fait revenir quelques années en arrière: les paysages, le parfum enivrant du Tiare (fleur emblématique de la Polynésie), l'extrême gentillesse des Polynésiens et leur attachement profond pour leur terre et leur culture. Une Polynésie pas toujours idyllique mais ô combien envoûtante et attachante!
Patrice Guirao signe ici un polar "noir azur". Ce n'est pas simplement et je le cite, un roman policier qui se passe sous des cieux tropicaux, c'est aussi une alternative et l'expression d'une réalité de la vie sous les tropiques. Un genre qui doit encore trouver sa place dans la grande famille des Polars.
Patrice Guirao fait partie de ces auteurs ultramarins de talent qui gagnent à être connus en Métropole. Il a longtemps été publié par les éditions "Au Vent des Iles" et je salue son entrée dans la collection "La Bête noire" chez Robert Laffont

Sophie I.


Toutes les vagues de l'océan
9,90
par (Libraire)
9 juin 2020

"Toutes les vagues de l'océan" de Victor del Arbol chez Actes Sud, retrace une partie du vingtième siècle à travers le parcours d'une famille prise dans le bouleversement des dictatures en Allemagne, en Espagne et en URSS. J'y retrouve cette écriture et la force d'un grand roman noir qui me pose la question essentielle de lien entre l'individu et l'Histoire. A savoir, qui de l'Homme ou de l'Histoire fait l'autre? Est-ce le poids des évènements historiques qui détermine les actes de chacun ou bien est-ce le choix des actes de l'individu qui façonne l'Histoire collective?
Je retrouve dans ce texte toute la puissance de ce que j'attends d'un grand roman noir, la lecture sensible et presque charnelle de faits sociaux et politiques d'une période. Et me demandant toujours et encore, que dira-t-on de ce 21ème siècle que nous sommes en train de vivre et de tisser, comment sera-t-il vu et décortiqué? Quel est mon/nôtre rôle? Et d'être ainsi renforcée dans l'idée que nous devons nous battre pour le rendre meilleur...

Nadège L.


LE POELE ET LE POETE ET AUTRES PLAISIRS POETIQUES DE L'HIVER
19,30
par (Libraire)
9 juin 2020

J'entends les merles chanter de joie dans les arbres trempés au fond de mon jardin. Voilà quelques jours qu'il pleut et cette ambiance me fait choisir ,dans les rayonnages de ma bibliothèque, un recueil de poésie chinoise : "le poêle et le poète et autres plaisirs poétiques de l'hiver" (aux excellentes éditions Moundarren).
J'ai soudain envie de lire ces poètes chinois qui, autour de l'an 700, vivaient très loin dans les montagnes et savaient vivre de peu et s'émerveiller d'un rien.

Tenez, écoutez ça :

le vent et la pluie

le vent et la pluie n'ont pas cessé trois jours durant
le vieillard décrépit ne sort pas de sa chambre
pour me distraire je jouis de mes livres
avec le monde nous nous sommes déjà oubliés
je décortique des châtaignes, après le givre elles sont bien plus grosses
je frotte une orange, avec la rosée elle est plus parfumée
sur le poêle en terre chauffe un peu de vin
tout cela suffit à consoler ma solitude

Lu Yu ( 733-804)

Frédéric L.