Caroline B.

Joueuse
par (Libraire)
26 mai 2020

Benoît Philippon nous avait scotché avec son "Cabossé" paru à la Série Noire il y a deux ans. Puis, avec "Mamie Luger", l'année dernière, il avait réussi le mélange parfait (et extrêmement rare) d'humour, de noirceur et d'émotion.
C'est peu dire que j'attendais son nouveau roman avec impatience.
Il nous entraîne cette fois dans le milieu des parties clandestines de poker. On y croise beaucoup de pourris, de requins et de machos.
Et au milieu de tout ça, les trois personnages principaux. A commencer par Maxine , la "joueuse" du titre. Une femme marquée au fer rouge par la vie et par les hommes qui va se servir du poker pour les remettre à leur place et tenter de se venger.
Zac, le looser magnifique et Baloo, son compère, montagne de muscles qui passe ses nuits à traîner en ville afin de défoncer les salauds qui agressent les femmes.
Là où Benoit Philippon est extrêmement doué, c'est qu'il arrive, malgré toute cette noirceur, à faire flotter à la surface ce petit rien d'humanité qui nous fait dire "Allez ! Tout n'est pas perdu". Benoît Philippon, c'est l'étincelle dans la nuit la plus noire. C'est le goéland qui arrive, contre toute attente, à se sortir du mazout et à regagner l'azur même s'il y a laissé quelques plumes.

Frédéric L.

Une année sans Cthulhu
par (Libraire)
26 mai 2020

Dans la petite ville d'Auln-sur-D'Arcq, en 1984, Sam, Marie et Henri vivent leur adolescence, rythmée par les virées en mobylette et les parties de jeu de rôle. Mais rapidement, après la rentrée et l'arrivée de l'ensorcelante Mélusine dans leur classe, les créatures de fiction imaginées par Lovecraft semblent dangereusement s'immiscer dans le quotidien de la petite bande, jusqu'au drame.

Peinture douce amère de la jeunesse des années 80, "Une année sans Cthulhu" fait revivre tout une époque, celle des bornes d'arcade et des baskets fluo, celle aussi où les univers imaginaires étaient regardés d'un œil méfiant par la presse et la société.
Servi par la patte graphique précise d'Alexandre Clérisse, le récit de Thierry Smolderen nous emmène loin, sur la frontière ténue qui sépare le réel de la folie. "

Aurélien V.

Wok

Hachette Pratique

9,95
par (Libraire)
26 mai 2020

Pendant le confinement, j’ai aussi beaucoup de mal à me concentrer sur mes lectures. Les occupations permettant de m’évader sont le jardinage car rien n’est plus beau et merveilleux que d’entendre le chant des oiseaux en pleine campagne tout en essayant de planter, semer fleurs et légumes chez soi et la cuisine qui est un passe temps (obligatoire) afin de sustenter petits et grands.
En ce début de semaine plutôt maussade et triste je vais vous présenter mon livre de cuisine du moment « Wok fait maison » paru aux éditions Hachette par Audrey Le Goff. Cet ouvrage, très facile d’utilisation, agrémente mes journées et surtout les papilles des enfants. Vous pouvez découvrir, au début de ce livre, une liste de sauces, de condiments et surtout les techniques de préparation des légumes, viandes et poissons. La cuisson au wok est synonyme de cuisson rapide et à feu vif (c’est parfait pour moi…..) donc il est très important que les ingrédients soient taillés de manière fine et régulière afin qu’ils restent croquants. Dans cet ouvrage, les recettes très diversifiées nous mettent l’eau à la bouche. Mes préférées restent le traditionnel poulet aux olives, citron et amandes, le sauté de dinde au paprika et les nouilles sautées aux champignons noirs.

Laurence C.

Khalil
6,95
par (Libraire)
26 mai 2020

J'avais envie de vous faire partager le livre d’un auteur que j’aime particulièrement.
« Khalil » de Yasmina Khadra.
Pas un roman très joyeux certes, mais d’une profondeur et d’une force assez déroutante.
Le soir du 13 novembre 2015, Khalil est dans le RER plein à craquer après le match des bleus au stade de France, sûr de lui, prêt à appuyer sur le bouton qui doit le délivrer et par la même occasion, faire sauter toute la rame... Mais rien ne se passe.
Commence alors une montagne de questionnements. Que doit-il faire ? Où aller ?
A qui parler ?
Yasmina Khadra nous plonge dans la tête d’un terroriste avec ses raisonnements, ses doutes, ses peurs, le cheminement et le mécanisme de ses pensées. Il nous apprend comment il en est arrivé là, comment il s’est laissé endoctriner. Il réussi à donner vie à un jeune homme en mal de sens à sa vie et à nous faire passer par toutes sortes d’émotions comme la révolte, l’empathie et même l’affection.
Comme à son habitude une écriture fine et juste, troublante à chaque page.
Du grand Khadra, sans jugement et avec un texte puissant et peu commun.

AURÉLIE

Ici, les femmes ne rêvent pas / récit d'une évasion
par (Libraire)
23 mai 2020

Vous est-il déjà arrivé de vous poser une question et de la trouver tellement absurde que vous n’arrivez pas à y répondre ? Comme un mot qu’on se répète plusieurs fois et qui perd son sens, par exemple, y’a t’il vraiment eu un être humain, un jour, qui a décidé d’exterminer hommes, femmes et enfants sous prétexte d’une « race » ?
Non, impossible, quand même, c’est absurde quand on y réfléchit c’est... inimaginable... pourtant si, c’est bien réel, c’est là.
« Ici les femmes ne rêvent pas » me fait me poser le même genre de questions, pourquoi, comment, est-ce possible ? Pourquoi à travers notre monde, bien réel, se passe t’il cette chose absurde, cette chose inimaginable ?
Rana Ahmad, nous témoigne dans ce livre, sa vie, en tant que fille et femme saoudienne, de son enfance à sa fuite du pays, elle nous livre ses premiers doutes face à une religion dictée par un pays, qui la prive de liberté encore enfant, ses premières incompréhensions face à une inégalité flagrante entre femmes et hommes, les horreurs qu’elle a vécues au sein de sa propre famille, sa rencontre avec les réseaux sociaux et ce groupe qui l’aidera à avoir ce déclic, et à fuir son pays.
Le lien qu’elle a avec son père un homme extraordinaire, le seul à vouloir la sauver de ce monde, qui lui a appris à développer son esprit, qui croyait en elle.
On apprend la vie saoudienne, culturelle et sociale mais on apprend aussi le parcours long et difficile d’un migrant.
Un récit qui ne victimise pas, non, qui raconte simplement les faits, qui raconte l’espoir et qui raconte ce besoin de croire en l’humanité, au changement et à la bienveillance.
Bravo pour ce parcours et cet exemple !